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Quel regard philosophique, éthique et social porter sur la réalité virtuelle ?

Si la notion de virtuel est ancienne, elle est aujourd’hui exacerbée et questionnée par les projets des grandes entreprises du numériques qui misent sur la réalité virtuelle et la création de méta-univers. En abolissant les distances physiques, quels types d’interaction et d’expérience créent les technologies immersives et comment vont-elles évoluer ?

Lors du salon SITEM (Salon International des Musées), une table-ronde intitulée « Les technologies immersives nous rapprochent-elles ou sont-elles les instruments d’une sociabilité illusoire ? » était organisée par l’AFXR, une association qui s’interroge sur les technologies immersives et leurs usages. Dédiée au monde culturel, la conférence a surtout été l’occasion de revenir sur le concept de réalité virtuelle et de le questionner d’un point de vue philosophique, éthique et social.

[…] Une bonne introduction pour Pierre Musso, docteur d’État en science politique, chercheur à Télécom Paris et spécialiste du concept d’imaginaire, qui a apporté un regard philosophique sur la réalité virtuelle. Il a expliqué que le mot « virtuel » dérive du mot latin « virtualis » lui-même traduit du mot grec « dunaton ». Selon la définition d’Aristote, « dunaton » désigne ce qui est possible, la capacité. Il traduit l’idée d’un mouvement, d’un flux, d’un changement. Chez Aristote, le « dunaton » s’oppose au réel. Au XXe siècle, ce sont Bergson et Deleuze qui se sont penchés sur la question en opposant virtuel et actuel. Le possible ne fait que répéter le réel. Alors que le virtuel va s’actualiser et créer de la différence. Sa force est sa capacité créatrice. […]

Image d’entête source Yanalya/Freepik